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Salut Moudi! (你好我妈妈!en
chinois)
A l’heure ou je t écris il est 3h30 du matin en France. Donc
10h30 en Chine (La Chine entière est à la même heure)
J espère que tu vas bien et, comme je peux le lire, tu m as
l’air toujours autant occupée! Ça me fait plaisir quand tu me racontes
l’atmosphère d’Uzes et tout et tout! Ça me rappelle à quel point on a du
bol!
Je suis désolé de ne pas t écrire plus souvent mais je
travaille toute la journée, le soir je prends des cours de chinois et après
on part manger au « 大三元 »,
le restaurant préféré des français de Di Huali
(voir les Photos), ce qui fait que je
rentre chez moi sur le coup des 9 - 10 h du soir, bien fatigué. Si je me
branche sur Internet à cette heure-ci, je finis à 1h du mat et j ai beaucoup
de mal à me lever le lendemain (tu me connais). C est pour ça que j’écris
pas très souvent.
Ce week end on part en excursion à je crois 1000 ou 1500 km
d ici dans une autre province chinoise (je me souviens plus trop du nom.. Xi
an et Ping Yao je crois). On partira vendredi soir, en train couchette pour
y dormir toute la nuit (il n y a pas de TGV ici). On va aller dans un coin
super paumé, dans les grandes montagnes, la Chine profonde. Je pense que ça
va être vraiment super sympa, intéressant : les grands paysages, la campagne
chinoise… Je mettrai les photos sur le
site.
Sinon, la vie ici : il fait toujours aussi froid,
l’équivalent d un jour d’hiver glacé à Uzes. Cependant, les "rivières" sont
dégelées depuis deux semaines. Quand je demande aux étrangers qui sont ici
s’ils apprécient Tianjin, la plupart répondent : "we try" ou juste "no".
Voici pourquoi : (et je suis de bonne humeur ce matin...)
Par où commencer...
Tianjin est une ville industrielle, à ce qu'on m a dit pas
la plus sale. (Y a pire????). Le pont que je traverse tous les matins et
soirs enjambe une "rivière" qui devait ne rien sentir il y a encore une
dizaine d’années, mais qui aujourd’hui a été surnommé par mon colocataire
« the bridge of the death ». On peut, à condition de ne pas s’attarder
(odeur infecte), prendre plaisir à regarder les sacs plastiques,
immondices et flaques d’huile de plusieurs mètres carrés s’écouler lentement
sous nos yeux. Cette rivière est tout simplement devenue un égout.
Tu peux d’ailleurs en avoir un aperçu dans la
rubrique "Tianjin", où je suis sur le
pont, juste devant une cheminée d’usine qui crache je ne sais quoi 24 heures
sur 24, 7 jours sur 7.
Tous les matins je prends mon vélo, et tous les soirs je
reviens avec les yeux qui piquent. La cause principale n’est pas la
pollution des gaz d’échappement de milliers de bus, voitures et scooters qui
ne pourraient jamais décrocher la pastille verte… mais le vent.
En effet, le vent souffle beaucoup en ce moment. Le problème
n’est pas le vent, mais ce qu’il emporte avec lui : poussières, sacs
plastiques, détritus, voire vélos. Eh oui, ça souffle ici !
Anecdote : hier en sortant du travail, je me suis pris en
pleine face un sac plastique, style sac à patates ;-D, ça fait super mal, il
a arraché mes oreilles gelées.
Les poussières viennent des bâtiments en construction qui
sont présents à tous les coins de rue. Construction de tours de bureaux,
énormes carrefours routiers aériens, passages souterrains, routes, immeubles
d’habitation post modernes que l’on s’empresse de détruire en France.
Je te connais, tu me dirais « mais prends le bus ! ». C’est
pire. Je ne savais pas que 80 chinois pouvaient rentrer dans 1 bus ! Là ou
j’ai été le plus surpris, c’est quand le bus était plein à craquer, on
devait être 90 ouais, et que le bus s’arrête au prochain arrêt ou je pouvais
voir, car je prends une tête à la plupart des chinois, encore 10 chinois qui
voulaient rentrer dans le bus. Impossible ? Je le pensais. Moi-même je me
disais nan nan, là, y a pas moyen… Et ils l’ont fait !
Ils sont forts ces chinois.
Je pourrais prendre le taxi, mais à deux euros la course,
mon travail étant à l autre bout de la ville, ça ne vaut pas le coup.
Doubler des centaines de chinois à vélo chaque matin en klaxonnant, c’est
plutôt marrant.
Voilà pourquoi je me suis acheté un vélo électrique. Au
début il ne marchait pas très bien, il a fallu que je le ramène à l’usine.
En effet, tout ce que tu achètes ici ne marche qu’une fois sur deux, non,
une fois sur quatre plutôt. C’est le gros défaut ici : la qualité. Lave ton
pull chinois une fois et il y a des trous dedans ; installe ta Web Cam
achetée avec le logiciel d’installation copié chez carrefour et elle marche
au bout de 8 tentatives ; l’Internet, au bureau comme à la maison, n’est
vraiment pas stable…
Je pense que les Chinois n’ont en fait pas vraiment de bol :
Rien ne marche, il fait froid, c’est sale, la langue est difficile et soit
disant nationale, il faut payer le juge si t’as des problèmes, ils
travaillent de 8h du mat à 6h du soir, ou plus, une pause d’une heure à
midi, tous les jours et généralement les samedis et dimanches pour gagner un
salaire variant entre 60 et 200 euros, sans avantages sociaux (retraite,
maladie…).
C’est comme ça que je dépeints Tianjin, ville industrielle
de 12 millions d’habitants, ville en plein boom industriel et économique.
La Chine, atelier du monde.
Il me reste à découvrir Beijing et Shanghai. Je pense que
j’irai à Pékin d ici 2 semaines
(voir photos), maintenant que je connais les rudiments en Chinois.
Visiter la cité interdite, marcher sur tian’an men… J’attends de voir avec
Anne et Hélène pour aller à Shanghai en mai.
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